Eva Märtson • Mitglied seit 2008

Eva Märtson

„Ich erinnere mich genau an die Nacht vom 30. Juli 1967“, erzählt Frau Märtson. „Ich war 22, hatte zum ersten Mal den Lohengrin gehört, in der Inszenierung von Wolfgang Wagner. Meine Freunde wollten noch irgendwo feiern, aber ich war so ergriffen, dass ich allein sein wollte. Ich wanderte durch den Abend, setzte mich auf diese Bank und fing an zu träumen.“ Eva Märtson, langjährige Professorin für Gesang, Stimmbildung und Präsentation an der Hochschule für Musik, Theater und Medien Hannover, war 18 Jahre Vorsitzende des Richard-Wagner-Verbandes in Hannover; seit drei Jahren leitet sie als Präsidentin den Internationalen Richard-Wagner-Verband. Um die junge Generation an das Werk des Komponisten und Dramatikers heranzuführen, hat sie weltweit die Gründung von Arbeitsgruppen „Richard Wagner“ an Universitäten angeregt. Mit Erfolg. In Cambridge, Oxford und Singapur, Erlangen-Nürnberg und an der Universität des Saarlandes haben sich Germanisten, Theologen, Physiker, Philosophen, Juristen und Musikwissenschaftler zusammengetan. Straßburg, Toulouse, Bayreuth, Bonn und das Max-Planck-Institut Berlin werden folgen. „In der Jugend liegt unser aller Zukunft“, sagt die Professorin. Als junge Stipendiatin des Richard-Wagner- Verbandes Hannover wurde sie einst nach Bayreuth eingeladen. Und sie ist mit Wagner groß geworden. „Mein Großvater hatte mir schon den Fliegenden Holländer erklärt und kindgerecht nachgespielt, als ich vier Jahre alt war. Einmal nach Bayreuth zu kommen, war sein sehnlichster Wunsch, aber es sollte nicht sein. 1959 ist er gestorben. Daran musste ich denken, als ich auf der Parkbank saß.“ Irgendwann ist sie dann eingeschlafen. „Morgens um sechs wachte ich auf, hörte die Vögel zwitschern, mein Kleid und mein Haar waren feucht vom Tau.“

A Midsummer Night’s Dream “I remember every detail of that night on July 30, 1967”, recounts Professor Märtson. “I was 22 and I had just heard Lohengrin for the first time – directed by Wolfgang Wagner. My friends wanted to go party somewhere afterwards, but I was so moved that I needed to be alone. I strolled through the mild evening, sat down on this bench, and began dreaming.” Longtime Professor of Voice at the Hannover University of Music, Drama and Media Eva Märtson headed Hannover’s Richard Wagner Society for 18 years. For the last three years she has been the International Richard Wagner Society’s President. To help bring new generations to the work of Richard Wagner she has initiated the establishment of Richard Wagner workshops at universities all around the world. Successfully, too: at Cambridge, Oxford, Singapore, Erlangen-Nuremberg, and at the Saarland University groups of theologians, physicists, philosophers, philologists, law students, and musicologists have gotten together to that purpose. Groups in Strasbourg, Toulouse, Bayreuth, Bonn, and at Berlin’s Max Planck Institute will follow suit. “Our future invariably lies with the next generation, and their interest can’t be taken for granted” says the professor. As a young fellow of the Richard Wagner Society Hannover she was invited to attend an opera at Bayreuth. But Wagner had become a part of her life even earlier: “My grandfather’s real passion was Wagner. When I was four years old, he gave me a child-friendly spoken and performed introduction to the Flying Dutchman. He desperately wanted to hear an opera in Bayreuth one day, but it never came to be; he died in 1959. That’s what I had to think about, when I sat on that park bench.” Eventually Eva Märtson fell asleep on that bench. “I woke up again at about six in the morning. The birds were singing, and my dress and hair were moist with dew.”

« Le songe d’une nuit d’été » « Je me souviens très précisément de la nuit du 30 juillet 1967, raconte la professeur, j’avais 22 ans et je venais d’entendre Lohengrin pour la première fois, dans la mise en scène de Wolfgang Wagner. Mes amis voulaient sortir ensuite en ville mais moi j’étais si retournée que je voulais être seule. J’ai erré ça et là dans la soirée jusqu’à ce que je m’asseye sur ce banc où je me suis mise à rêvasser. » Eva Märtson est une grande dame du monde wagnérien. Professeur de chant et de technique vocale et scénique au Conservatoire de musique, d’art dramatique et de médias de Hanovre depuis longtemps, elle est également présidente depuis 18 ans de l’Association Richard Wagner de Hanovre, dirigeant par ailleurs depuis trois ans en tant que présidente l’Association internationale des cercles Richard Wagner. Dans le but d’amener la jeune génération à l’oeuvre du compositeur dramaturge, elle a initié des groupes de travail autour de Richard Wagner dans les universités. Avec succès : à Cambridge, Oxford ou Singapour, à Erlangen/Nuremberg ou encore à l’Université de Sarre, des groupes se sont formés réunissant des littéraires, des théologiens, des physiciens, des philosophes, des juristes ou des musicologues. A la liste sont sur le point de s’ajouter Strasbourg, Toulouse, Bayreuth, Bonn ainsi que l’Institut Max Planck de Berlin. « Notre avenir à tous, c’est la jeunesse », martèle la professeur. Et c’est d’ailleurs en tant que toute jeune boursière de l’Association Richard Wagner de Hanovre qu’elle a pu venir la première fois à Bayreuth. Wagner, elle avait grandi avec : « Mon grand-père jouait du violon et du piano, il savait chanter et dessiner, un de ces dons que la vie vous offre sans qu’il soit possible d’en faire un métier. Ses parents voulaient qu’il apprît quelque chose de sérieux. Il est donc devenu ingénieur diplômé. Mais Wagner, c’était sa grande affaire. Il m’avait déjà tout expliqué sur le Vaisseau fantôme et me l’avait rejoué pour mon âme d’enfant, je devais avoir quatre ans. Venir un jour à Bayreuth était son souhait le plus cher, mais il n’avait pas d’argent. Il est mort en 1959. Et c’est sa mémoire qui s’est imposée à moi lorsque je me suis assise sur ce banc, dans le parc. » Elle finit par s’y assoupir. « A six heures du matin, je m’éveillai, j’entendis les oiseaux chanter, ma robe et mes cheveux humides de rosée. »